Conférence de l’ICCJ, Hanovre, Allemagne

4 août 2026

Le dialogue a été au cœur de la conférence biennale 2026 du Conseil international des chrétiens et des juifs (ICCJ), où Notre Dame de Sion a contribué à façonner les échanges.

L’événement, intitulé « Repentance, Repair, and Reconciliation: Religious Resources for Tumultuous Times » (Repentance, réparation et réconciliation : des ressources religieuses pour des temps troublés) a été organisé à Hanovre, du 12 au 15 juillet 2026, en collaboration avec le Deutscher Koordinierungsrat der Gesellschaften für Christlich-Jüdische Zusammenarbeit (DKR).

Pendant trois jours et demi, la conférence a proposé des conférences magistrales et des séances plénières consacrées au thème, ainsi que plus de 20 ateliers interactifs, visites de sites et excursions, réunissant des intervenants et des participants venus de pays tels que l’Argentine, l’Australie, l’Autriche, le Canada, le Costa Rica et bien d’autres.

Des religieuses et d’autres membres de la Famille de Sion sont venus d’Australie, du Canada, du Costa Rica, des Philippines, de Pologne, de Roumanie et de Rome pour cet important événement interreligieux.

Prix Seelisberg 2026

La conférence s’est ouverte dimanche soir par la remise du Prix Seelisberg 2026 au rabbin David Meyer, spécialiste de la littérature rabbinique et professeur de longue date au Centre Cardinal Bea pour les études juives de l’Université pontificale grégorienne de Rome. Ce prix perpétue la mémoire du rassemblement historique tenu en 1947 dans le village suisse de Seelisberg – visant à s’attaquer à des siècles d’« enseignement du mépris » chrétien envers les juifs et le judaïsme – et qui a donné naissance aux influents « Dix points de Seelisberg », un document fondateur du renouveau moderne des relations judéo-chrétiennes.

Tables rondes, ateliers, dialogue et découverte

Sr Kasia Kowalska a présenté, lors d’une séance plénière, une communication sur les approches liturgiques du repentir, de la réparation et de la réconciliation.

Sœur Kasia Kowalska (Pologne), vice-présidente du conseil d’administration de l’ICCJ, a joué un rôle actif dans l’organisation de la conférence en tant que membre du comité de planification ; elle a également animé la deuxième séance plénière de lundi, intitulée « Mettre en acte la repentance, la réparation et la réconciliation : enseignement tirés des liturgies, des rituels et des coutumes », qui a examiné la manière dont les concepts de repentance et de réconciliation s’expriment à travers la liturgie, le rituel et les coutumes dans les différentes traditions.

Le programme du mardi après-midi comprenait une série de visites aux alentours de Hanovre, notamment à la Maison des religions et au camp de concentration de Bergen-Belsen.

Mercredi, trois autres membres de la Famille de Sion ont animé des ateliers.

Héctor Acero Ferrer et Mia Theocharis (Canada) ont coanimé un atelier intitulé « La réparation en pratique : lutter contre l’antisémitisme dans la vie universitaire et interreligieuse sur les campus ». S’appuyant sur l’expérience de praticiens issus d’universités et de collèges nord-américains, cet atelier visait à explorer des outils et des stratégies prometteurs pour lutter contre l’antisémitisme en milieu universitaire, tout en restant fidèles aux thèmes de la conférence : la repentance, la réparation et la réconciliation.

Mark Walsh (Australie) a animé un atelier intitulé « Ecoute profonde : combler la distance qui nous sépare », invitant les participants à pratiquer l’écoute profonde afin de rapprocher juifs, chrétiens et musulmans au lendemain des événements du 7 octobre et des évènements à Gaza. Cet atelier s’appuyait sur les enseignements du rassemblement interreligieux ACCJ-ICCJ de 2025 à Melbourne, parrainé par Notre-Dame de Sion (Australie).

Plus tard dans la journée, le programme a mis l’accent sur le vécu et la réflexion prospective lors des séances plénières de clôture. Mark Walsh a rejoint le panel d’acteurs du dialogue interreligieux pour la quatrième séance plénière, intitulée « Efforts de repentance, de réparation et de réconciliation : projets et initiatives », afin de partager les enseignements tirés de projets et d’initiatives concrets de dialogue. Mark s’est appuyé sur l’expérience acquise en travaillant avec les peuples autochtones et des insulaires du détroit de Torres.

 

Lors de la dernière séance plénière de la conférence, intitulée « Réconciliation, peuples et  planète », David Castillo (Costa Rica) a discuté avec d’autres intervenants des liens entre  repentance, réparation, réconciliation et la crise écologique que traverse la planète ; Héctor Acero Ferrer a animé la séance, orientant les échanges sur la question de savoir si la protection de l’environnement devait constituer une priorité pour les relations interreligieuses alors que la conférence touchait à sa fin.

 

 

Jeudi, plusieurs membres de la Famille de Sion ont assisté à l’assemblée générale annuelle de l’ICCJ, alors que s’achevaient les derniers préparatifs de la Journée de Sion, qui a clôturé leur séjour commun à Hanovre.

La Journée de Sion : un temps de réflexion

Réflexion : « Qu’est-ce qui nous donne la vie ? »

Vendredi, les membres de la Famille de Sion se sont réunis pour la Journée de Sion, un moment consacré au partage d’expériences d’engagement interreligieux, à la présentation des initiatives en cours au sein de la famille internationale de Sion et à l’établissement de liens entre ces efforts et les thèmes de la conférence : repentance, réparation et réconciliation. Les participants ont réfléchi – individuellement, par deux et en groupes – à ce qui les avait interpellés, émus, confortés ou déstabilisés au cours de la conférence, avant d’envisager les prochaines étapes concrètes pour pérenniser l’engagement de Sion en faveur de la rencontre, du dialogue, de l’éducation et de l’action dans les relations judéo-chrétiennes et interreligieuses.

Lors d’une séance de réflexion sur la question « Qu’est-ce qui nous donne de la vie ? », les idées suivantes ont émergé :

  1. Le travail en réseau.
  2. Des personnes transformées.
  3. La proximité du terrain (formation).
  4. Le changement (seconde conversion) : devenir de meilleurs croyants et de meilleures personnes.
  5. Surmonter les obstacles.
  6. Evoluer dans des espaces de dialogue et de guérison.
  7. Être aux côtés de femmes en apprentissage.
  8. Rencontres (au plus près des gens).
  9. Ministère de la présence.
  10. Accompagner d’autres personnes, jouer un rôle de mentor.
  11. Créer des espaces de compréhension mutuelle.

Le groupe a réfléchi à l’engagement de la Famille de Sion dans les domaines de la rencontre, du dialogue, de l’éducation et de l’action, tant dans le cadre judéo-chrétien qu’interreligieux. Il est ressorti que ce travail repose essentiellement sur les relations : mise en réseau, accompagnement, mentorat, rencontres locales, échanges, guérison ainsi que la création d’espaces d’accueil et de compréhension mutuelle. Les participants ont également noté que cette démarche est transformatrice, aussi bien pour ceux qui y prennent part que pour ceux qui l’animent.

 

Un sentiment renouvelé de vocation partagée

En quittant Hanovre, les participants emportaient avec eux non seulement le souvenir d’une rencontre riche et exigeante, mais aussi un sentiment renouvelé de vocation partagée. La conférence et la Journée de Sion ont confirmé que la repentance, la réparation et la réconciliation ne sont pas des idéaux abstraits, mais des pratiques patiemment construites grâce à l’écoute, aux relations, à l’éducation et à des rencontres courageuses. Pour la Famille de Sion, ces journées passées à Hanovre ont renforcé l’engagement commun à poursuivre ce travail au-delà des cultures et des générations, en contribuant, partout où cela est possible, à la guérison, à la compréhension et à l’espérance dans un monde fracturé.

Jumelles

L’emblème de la conférence de cette année était la sculpture en bronze de Johan Tahon intitulée Zwillinge (Jumelles). Ces deux figures féminines grandeur nature représentent le christianisme et le judaïsme sur un pied d’égalité, réinterprétant le motif traditionnel Ecclesia/Synagoga comme un symbole de parité et de dialogue plutôt que de hiérarchie. L’emplacement de l’œuvre est également significatif : la synagogue centrale de Hanovre se trouvait autrefois à proximité, au numéro 6 de la rue Rote Reihe, avant d’être détruite lors de la Nuit de cristal, le 9 novembre 1938. En transformant une image ancienne de division religieuse en une représentation de reconnaissance mutuelle, « Jumelles » reflète l’esprit de la rencontre judéo-chrétienne que l’ICCJ cherche à promouvoir.

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