Le pape Léon XIV avait choisi la Turquie comme première étape de son premier voyage apostolique international. Il mettait ainsi en lumière l’unité des communautés chrétiennes qui y vivaient – Arméniens, Syriens, Chaldéens et fidèles de rite latin – ainsi que le 1700e anniversaire du concile de Nicée, premier concile œcuménique de l’Église chrétienne.
Pour la communauté catholique de Turquie, l’une des plus petites au monde, le choix du pape fut profondément émouvant. C’est ici, à Antioche, que les disciples de Jésus furent appelés pour la première fois « chrétiens », et c’est de là que saint Paul entreprit plusieurs de ses voyages apostoliques. La visite du pape fut accueillie avec une grande joie et comme un signe de proximité avec une petite mais dynamique communauté chrétienne, vivant en relation œcuménique avec d’autres Églises chrétiennes du pays. Une communauté dont la vie peut parfois sembler fragile ou négligée se trouva, en cet instant, sous le regard du monde entier.
Ce fut un véritable privilège et un honneur pour moi d’être parmi les invitées à la cathédrale du Saint-Esprit, où le pape a rencontré, le 28 novembre 2025, des évêques, des prêtres, des personnes consacrées et d’autres personnes œuvrant dans les paroisses. La cathédrale, pleine à craquer de fidèles attendant en silence et prière, s’est soudain emplie de joie.
Des chants joyeux et des cris spontanés de « Vivat Papa ! » ont résonné à l’intérieur et se sont répandus sur la place, où des jeunes et des familles s’étaient rassemblés. La joie semblait infinie.
Le pape se déplaçait lentement de banc en banc, saluant toutes les personnes à sa portée. Lorsqu’il arriva à notre place, sœur Monique, sœur Jackie et moi avons eu la grâce de le saluer personnellement au sein de cette communauté liturgique.
Lorsque l’enthousiasme de l’accueil se fut quelque peu apaisé, le pape a dirigé la prière et prononcé son homélie. Il a évoqué le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, soulignant que « le Patriarcat œcuménique demeure un point de repère tant pour ses fidèles grecs que pour les membres des autres confessions orthodoxes ». Il a également insisté sur l’importance de l’accompagnement pastoral de nombreux réfugiés et migrants résidant en Turquie. Après sa rencontre avec le clergé, il s’est rendu dans une maison de retraite gérée par les Petites Sœurs des Pauvres.
Plus tard dans l’après-midi, à la délégation apostolique d’Istanbul, il rencontra le nouveau grand rabbin de Turquie, David Sevi, et les personnes qui l’accompagnaient. Lors de leur échange, il fut souligné que la visite papale devait être un signe clair de paix et de soutien pour toutes les communautés religieuses du pays.
Ces rencontres, tout au long de la journée, furent largement suivies dans le monde entier. Elles fortifièrent et encouragèrent surtout ceux qui vivent leur foi chrétienne au sein d’une minorité religieuse et qui continuent de chérir la foi vivante transmise par les Apôtres – une foi dont je suis si souvent témoin personnellement.
Sœur Ania Bodzińska, NDS