Femme de Sion

Sœur Emmanuelle, religieuse de Notre Dame de Sion

 

 

 

 

 

Qui était Sœur Emmanuelle ?

Madeleine Cinquin, née le 16 novembre 2008 à Bruxelles. Entrée dans la congrégation de Notre Dame de Sion en 1931 elle prend le nom de Sr Emmanuelle. Elle est décédée le 20 octobre 2008 à Callian.

 

 

 

 

 

«En chaque situation, nous cherchons la face de Dieu. Quelquefois, Il se révèle à nous dans le silence de la contemplation où nous livrons gratuitement notre temps, nous tenant disponibles devant Lui pour L’accueillir. D’autres fois, notre expérience de Dieu est intimement liée à la rencontre et au service des autres, quand nous partageons leurs angoisses et leurs joies. Sans jamais nous couper de leurs luttes, nous cherchons à contempler le mystère de l’amour sauveur de Dieu dans l’action de grâce et la bénédiction.»                 Constitutions de la Congrégation ND de Sion  n° 53

Après des années d’enseignement dans des écoles de Notre Dame de Sion, Sœur Emmanuelle s’installe en Egypte parmi les chiffonniers en 1971.  « Chiffonnière parmi les chiffonniers » comme elle se nomme dans un de ces livres, elle avait une relation privilégiée à Marie. « Cette spiritualité
de cœur à cœur avec la Vierge a été mon phare depuis le noviciat. Marie est une des sources – la plus limpide — du bonheur de ma vie» dira-t-elle un jour.

Le secret du bonheur de sa vie ?

Dans son testament spirituel, sr Emmanuelle y révèle le secret de son énergie, de sa persévérance au service des plus pauvres et de sa joie : « Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu’elle me garde fidèle. Elle l’a fait et comment ! Remerciez là avec moi ! Yalla ! En avant ! C’est passionnant de vivre en aimant ! »

Dans un de ses livres elle écrit : « Grâce à la formation que j’ai reçue, Marie est devenue l’âme de mon âme, la respiration de mon être. Elle m’a littéralement sauvée de la révolte et du désespoir devant la souffrance et la mort… J’ai relaté comment dans les moments de crise, je m’accrochais à son visage de Pietà, torturé par la mort de son fils, mais jamais désespéré Elle croit, elle, à la Résurrection ! »

Marie, affranchie de toute convoitise, me libère. Sereine dans la douleur, elle m’apaise. Ne respirant qu’amour, elle m’entraîne. Selon le conseil de Béatrice à Dante, je coule mon regard dans le sien : Dieu se révèle de plus en plus comme Père et chaque homme comme frère, chaque femme comme sœur.

Le Rosaire, chaque jour médité, m’emporte dans ce mystère terrible et doux qui fait vaciller la raison. J’offre cette prière comme un cantique d’amour d’un enfant à sa mère. Marie me fait comprendre que son fils, qui n’a pas hésité à partager jusqu’à la mort les douleurs de l’humanité… En faisant glisser les grains du chapelet sous mes doigts, la vie du Christ se déroule à travers tourments et joies pour éclater dans un éblouissement de gloire. »

Un journaliste lui demanda un jour, alors qu’elle était dans la maison de retraite : « A quoi pensez-vous le matin en vous réveillant ? » : «A la belle journée d’amour que je vais passer avec le Seigneur et avec les autres. J’ai eu une vie comblée sans grands problèmes : je respire l’amour, je l’aspire et je l’expire… Je dis calmement mon chapelet car je n’ai plus la force de me concentrer, je suis trop fatiguée, or le chapelet ne me fatigue pas : je peux donc dire dix “Je vous salue Marie” tout en laissant travailler mon imagination, et voir devant mes yeux l’“Annonciation” de Fra Angelico, dont je me représente la magnifique toile. Ainsi, je la chante dans mon cœur et quand, par exemple, je pense à “La Visitation”, je vois la Vierge qui trotte jusqu’à Dieu… »

Son chapelet est devenu son arme… « Ce chapelet, je le dis toute la journée, je le dis pendant la nuit. Pendant que mes doigts font défiler les grains, je médite facilement toutes les étapes du mystère de la vie du Christ, parce que je peux les imaginer, et imaginer la présence de la Vierge à chacune d’elle, intercédant elle-même auprès de son fils pour les pauvres et pécheurs que nous sommes, et moi avec elle. »

Elle dira encore : « Reste debout auprès des cadavres que la terre engloutit chaque jour, avec la Vierge, la Vierge du Vendredi saint qui présente au Père son Fils mort pour qu’il le ressuscite. Entre dans son espérance et sa prière, offre avec elle au Père tous les morts de la terre : ils ressusciteront avec le Christ. Ne dors pas, Emmanuelle, ne laisse pas s’éteindre la flamme »

Les paroles de Sr Emmanuelle sont extraites de :

–          Chiffonnière avec les chiffonniers, Les Éditions ouvrières, 1977

–          Confessions d’une religieuse, Flammarion, 2008

–          Extrait du mot du testament spirituel de sr Emmanuelle lu par le président de l’association ASMAE à la messe de requiem à la cathédrale de Paris

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